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Somport : le grand tétras est en danger

mardi 20 mars 2012, par Sabine Matraire

Dans la presse locale aujourd’hui, Le Parc national des Pyrénées communique sur le grand tétras (dérangement, hormone de stress) au Somport.


Voir en ligne : La République des Pyrénées

Article La République des Pyrénées par Laurence Fleury
Publié le 20 mars 2012

Somport : le grand tétras est en danger

La population du coq de bruyère est en chute libre. En 20 ans, elle a diminué de 30 % dans les Pyrénées, et de près de 70 % depuis les années 1970. Il n’y aurait plus qu’un seul grand tétras mâle chanteur et deux femelles au Somport, une zone d’hivernage au coeur du Parc National où cet oiseau avait, jusque dans les années 2000, l’habitude de se réfugier.

Pire : cette année, il n’y aurait pas eu de reproduction. « On comptait encore six coqs chanteurs avant 2000 », confie Didier Melet, agent technique de l’environnement au Parc National sur le secteur Aspe. « Il a chuté à trois, puis deux, pour disparaître totalement en 2009 et 2010. L’an dernier, on a de nouveau relevé le chant d’un coq, mais sa survie dans la zone est menacée. »

Des panneaux de signalisation

Pour tenter de le protéger, les gardes du Parc National ont délimité une zone de quiétude hivernale sur la station de ski du Somport.

Depuis l’an dernier, des panneaux de signalisation, en français et en espagnol, délimitent un espace sur les crêtes où il est désormais interdit de passer. Une piste qui traverse la zone de quiétude a été tracée pour les raquetteurs, de façon à les inciter à ne pas sortir de la trace. Car si les causes du déclin de la population du grand tétras sont nombreuses, la présence humaine y est indéniablement pour quelque chose.

Depuis le boom du développement de la raquette dans les années 2000, la zone attire de nombreux randonneurs séduits par un paysage spectaculaire. On les comprend. Cette affluence ne serait pas sans conséquence. Depuis l’explosion de la pratique de la raquette, les spécialistes affirment avoir observé un net déclin de la population de Grand Tétras. Ils attribuent cette baisse à la « surfréquentation » de la zone du Somport.

Des oiseaux stressés

Une étude des excréments a révélé un fort parasitisme chez cet oiseau sur les zones où il est dérangé, donc en état de stress. Il se nourrit moins bien, se purge moins, et développe ces parasites qui peuvent également être une cause de mortalité. « On a également constaté la multiplication de coqs « fous » ou « mous », qui sont une dégénérescence de l’espèce », poursuit Frédéric Chavagnieux. « Un coq mou se laisse approcher comme une poule de basse-cour tandis qu’un coq fou devient agressif, alors que leur comportement normal serait de fuir si on l’approche. »

Les Espagnols représentent 90 % de la clientèle qui fréquente ce secteur. « Nous avons décidé de sensibiliser ces populations, tout comme les offices du tourisme et les accompagnateurs en montagne, en les invitant à venir visionner un diaporama sur le grand tétras et se rendre compte du problème sur le terrain ». Deux cessions ont déjà été organisées pour le public espagnol, une avec les Français.

Et le Parc National ne compte pas s’arrêter là. « Nous n’avons pas la possibilité de les verbaliser. Le coq de bruyère n’est pas une espèce protégée », confie Frédéric Chavagnieux, agent technique de l’environnement au Parc National sur le secteur Aspe. « La montagne est le dernier espace de liberté pour les gens, et c’est très difficile de leur imposer des interdictions. D’où notre volonté d’informer et de compter sur leur responsabilité. »

Les causes de son déclin

l Un faible taux de reproduction. Depuis 30 ans, sans doute à cause du réchauffement climatique, la période de chant et de reproduction s’est avancée d’une quinzaine de jours. Les petits naissent plus tôt, et ne trouvent plus suffisamment d’insectes pour se nourrir, à cause d’une météo plus humide. 15 à 20 % d’entre eux seulement atteignent l’âge adulte.

l Il est de plus en plus dérangé. Un coq de bruyère a besoin d’un territoire de 50 à 100 hectares pour vivre. Plus il est dérangé l’hiver, plus il puise dans ses ressources pour fuir, ce qui entraîne un affaiblissement biologique. Il devient alors une proie facile pour les petits carnivores.

l Est-ce une espèce menacée ? Les Pyrénées-Atlantiques compteraient 400 individus selon l’observatoire des galliformes de montagne et la chaîne des Pyrénées, 4 000. L’association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a déposé en juillet 2011 une plainte auprès de la Commission européenne considérant que la France ne fait pas d’efforts suffisants pour assurer l’avenir de l’espèce.

Lire aussi : Grand tétras : on tire sur l’ambulance !
Communiqué FIEP/SEPANSO du 30 septembre 2011


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