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Ours : Delphine Batho défie la Commission Européenne

samedi 2 février 2013, par Sabine Matraire

Alors que la Commission Européenne vient de mettre en demeure la France d’adopter une politique cohérente de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées, la Ministre considère que la situation est « plutôt favorable » et qu’il est donc urgent de ne rien faire.
Le FIEP rappelle à Mme Batho que depuis 2004 il n’y a plus de femelle à l’ouest des Pyrénées. La dernière naissance d’ourson remonte à cette même année avec Cannelito.
La Ministre de l’Ecologie renie l’engagement de l’Etat qui est de remplacer les ours morts de la main de l’homme.


Communiqué de presse, FERUS / Pays de l’Ours-ADET, 31 janvier 2013.

Ours : Delphine Batho défie la Commission Européenne

Alors que la Commission Européenne vient de mettre en demeure la France d’adopter une politique cohérente de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées, la Ministre considère que la situation est « plutôt favorable » et qu’il est donc urgent de ne rien faire.

Pourtant, la conclusion de la dernière étude des propres services du Ministère (l’ONCFS) est sans ambiguïté : il faut lâcher rapidement entre 17 et 21 ours pour viabiliser les deux noyaux de la population pyrénéenne ! (source : rapport scientifique ONCFS 2010, page 49)

Les quelques naissances annuelles d’oursons sont certes toujours des bonnes nouvelles et traduisent incontestablement la bonne adaptation des ours lâchés en Pyrénées Centrales, mais elles ne signifient en rien que la population est dans un « état favorable de conservation » et qu’elle se maintiendra à long terme comme l’exige la directive européenne « Habitats ».

En renonçant aux lâchers rapides proposés par les associations, la Ministre condamne le noyau de population d’ours du Béarn à une disparition rapide et certaine.

Delphine Batho n’a manifestement pas pris la mesure de la situation et nous sommes très loin de la réaction qu’attendait la Commission Européenne. Comment imaginer alors que celle-ci ne poursuive pas la procédure d’infraction qui mènera la France tout droit devant la Cour de Justice !?

Laisser disparaître une espèce emblématique de notre patrimoine naturel et être pour cela condamné par la Cour de Justice serait une curieuse manière pour la France de traduire l’objectif d’exemplarité en matière de biodiversité fixé par le Président de la République !

Ferus et Pays de l’Ours – Adet ont demandé à rencontrer Delphine Batho afin de lui exposer l’importance et l’urgence d’une situation qu’elle a manifestement encore mal appréciée.

Lire aussi : Ferus et Pays de l’Ours – Adet ont décidé de lâcher deux ourses dans les Pyrénées

Pau, le 1 février 2013

Communiqué de presse du FIEP Groupe Ours Pyrénées

Delphine Batho lâche l’ours en Béarn

Selon les informations de France info, La Ministre de l’Ecologie s’oppose à de nouveaux lâcher d’ours dans les Pyrénées avant d’avoir les résultats d’une étude plus large de la biodiversité pyrénéenne et du pastoralisme en montagne.
Elle indique également qu’il y eu des naissances d’oursons.

Le FIEP Groupe Ours Pyrénées estime que cette décision condamne à la disparition la population d’ours dans les Pyrénées occidentales.
La France balaye d’un revers de main la récente mise en demeure de la Commission Européenne pour manquement de protection et au vue de l’état défavorable de conservation de l’ours dans les Pyrénées quitte en mettre en jeu les fonds européens octroyés aux Pyrénées et à risquer une amende pour infraction au droit communautaire.

Mme Batho engage ainsi un bras de fer que nous ne souhaitions pas. Les associations de protection de l’ours vont poursuivre leurs actions auprès de l’Europe afin de sauver l’ours dans les Pyrénées et particulièrement en Béarn.

Le FIEP rappelle à Mme Batho que depuis 2004 il n’y a plus de femelle à l’ouest des Pyrénées. La dernière naissance d’ourson remonte à cette même année avec Cannelito.
La Ministre de l’Ecologie renie l’engagement de l’Etat qui est de remplacer les ours morts de la main de l’homme.
Si l’ours venait à disparaître des Pyrénées occidentales prés de la moitié de l’aire de répartition pyrénéenne de l’ours disparaîtrait, rendant impossible l’obtention d’une population viable dans le massif, ce qui est une infraction à la Directive Habitat.
Une énième étude sur la biodiversité et le pastoralisme ne changeront rien à cela si ce n’est qu’à jouer la montre et enterrer le sujet de l’ours.

En septembre dernier, lors de la conférence environnementale, le gouvernement a annoncé un axe stratégique intitulé « Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité ». La France avait, à travers le lâcher d’ourses en Béarn, une occasion unique de joindre la parole aux actes et de changer la donne. Aujourd’hui la France n’est pas pour le moment l’exemple à suivre en matière de sauvegarde de la biodiversité.

Où est le changement ?


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