Maison de la Nature et de l'Environnement de Pau

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Sauvons les bouquetins du Bargy

vendredi 5 septembre 2014, par Sabine Matraire

Honte aux représentants de l’Etat prêts à se livrer à l’éradication d’une espèce protégée d’un espace montagnard !

Après la réintroduction du bouquetin dans les Pyrénées, haro contre des représentants de l’Etat qui se moquent du statut d’espèce protégée.


Voir en ligne : Sauvons les bouquetins du Bargy

Rétrospective : Pétition : sauvons les bouquetins du Bargy

Mise à jour : Stop au massacre des bouquetins

Communiqué de presse LPO, FNE, FRAPNA et le club alpin français, 1er septembre 2014 :


Vers l’éradication du Bouquetin du Bargy ?

D’après des informations convergentes, nous, associations signataires (La LPO, la FRAPNA, FNE et le club alpin français), avons de bonnes raisons de penser que le Préfet de Haute-Savoie, sous couvert de sécurité publique, s’apprêterait à faire tuer la totalité des Bouquetins restant sur le massif du Bargy ; y compris les jeunes nés en 2014 et les animaux sains. Des tractations très confidentielles seraient en cours entre le Préfet et les Ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie pour obtenir une autorisation interministérielle d’abattage total, tant pour les animaux sains que pour ceux qui sont touchés.

À ce jour, plus de 300 Bouquetins ont déjà été abattus ; et parmi eux, beaucoup d’animaux sains. À cause des interdictions de prélèvements sur les carcasses, il est difficile de connaître le degré d’infection des 233 Bouquetins abattus fin 2013. Pire, nous avons de bonnes raisons de penser que plus de la moitié étaient parfaitement indemnes de contamination par la brucellose.

La moitié au moins de la population de Bouquetins du massif du Bargy a déjà été décimée. Il est plus que temps de prendre en compte les avis des instances scientifiques, dont le Conseil National de Protection de la Nature ou encore l’Agence nationale de sécurité sanitaire - ANSES - qui soulignait dès 2013 que l’invocation d’un risque important et immédiat pour la santé publique était infondée.

Des solutions plus équilibrées doivent être mises en œuvre

Un test de dépistage in situ de la brucellose a été expérimenté sous l’égide de l’ANSES sur les bouquetins du Bargy, avec une fiabilité de 100%. Pour réellement protéger de manière durable les exploitations agricoles, la santé publique, et prendre en compte le droit à la vie de la faune sauvage, nous demandons la généralisation de ce test de dépistage in situ, afin de préserver tous les animaux sains.

La LPO, la FRAPNA, FNE et le club alpin français rappellent que les populations de bouquetins ont été contaminées par les cheptels domestiques et non l’inverse.

Nous appelons les pouvoirs publics à faire preuve de discernement et de modération en préservant sur le massif du Bargy cet animal emblématique de nos montagnes, protégé par des conventions tant nationales qu’internationales et dont la présence est le fruit de très longs efforts de réintroduction.

Nous nous réjouissions de la forte valorisation médiatique liée à la réintroduction de quelques Bouquetins ibériques dans les Pyrénées. Mais elle n’a de sens que si les populations en place dans les Alpes ne font pas l’objet de destruction massive par réflexe sécuritaire surdimensionné.

Mise à jour 18 septembre 2014 : communiqué LPO, FNE et ASPAS

Massif du Bargy : toute destruction des bouquetins serait entachée d’illégalité

Par courrier en date du 11 septembre 2014, la LPO, FNE et l’ASPAS viennent de saisir officiellement l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, comme la loi les y autorise. Elles demandent qu’une évaluation soit engagée à la lumière des conséquences de la gestion actuelle du problème de la brucellose sur les Bouquetins du Massif du Bargy (74), gestion qui tendrait à aggraver la situation plutôt que d’en limiter la portée. Et en conséquence, que de nouvelles préconisations soient apportées pour concilier les impératifs de santé publique et le respect de cette espèce emblématique des Alpes, par ailleurs protégée.

Lors de sa session du 17 septembre 2014, le comité permanent du Conseil National de Protection de la Nature a déclaré, dans l’attente de cette nouvelle expertise, ne pas disposer d’éléments actualisés pour examiner la nouvelle demande de dérogation pour destruction d’espèces protégées. Celle-ci avait été présentée par la Préfecture de Haute-Savoie afin de tuer tous les Bouquetins âgés de 5 ans et plus, quel que soit leur état de santé, et les bouquetins de moins de 5 ans atteints de brucellose.
Le sujet a été repoussé à la session suivante, en novembre 2014.


En conséquence, et faute d’avis du CNPN sur cette demande de dérogation, nos associations en concluent que toute décision de destruction de cette espèce protégée avant cet examen serait de fait entachée d’illégalité.


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