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La protection de la nature en France a des racines qui remontent au moins jusqu’au milieu du XIXe siècle

vendredi 3 avril 2015, par Sabine Matraire

La protection de la nature en France a des racines qui remontent au moins jusqu’au milieu du XIXe siècle, contrairement à ce que l’on croit communément.

C’est à une analyse de ces origines inédites que s’attache l’ouvrage de Rémi Luglia, paru le 19 mars, par l’étude de la Société d’acclimatation (devenue depuis la Société nationale de protection de la nature).

Plonger au cœur de cette histoire peu connue permet de remettre en perspective la situation actuelle, et de mieux la comprendre, car nous sommes largement les héritiers de ces précurseurs.


Une fois n’est pas coutume pour une Maison de la Nature et de l’Environnement : une publicité/rétrospective sur la protection de la nature en France.

A lire donc :

Des savants pour protéger la nature

La Société d’acclimatation (1854-1960)
AUTEUR : Rémi LUGLIA
ÉDITEUR : Presses Universitaires de Rennes
COLLECTION : Histoire
FORMAT : 24 x 15,5 cm
PAGINATION : 434 pages ; broché
PRIX : 23 €
ISBN : 978-2-7535-3575-6
EAN : 9782753535756
DOMAINES : Histoire / Écologie et Environnement
DATE DE MISE EN VENTE : 19 mars 2015

L’AUTEUR

Rémi LUGLIA, agrégé d’histoire, enseigne en lycée. Passionné à la fois par l’histoire et la nature, il a consacré son doctorat en histoire à l’étude des origines du courant naturaliste français de protection de la nature et de l’environnement. Des savants pour protéger la nature est directement issu de ces recherches inédites. Rémi LUGLIA est
actuellement membre associé du Centre de Recherche d’Histoire Quantitative, UMR 6583 (CNRS / Université de Caen Basse-Normandie). Il s’intéresse à l’histoire de l’environnement et des relations homme-nature et homme-animal.

L’OUVRAGE

L’urgence écologique, l’érosion de la biodiversité, l’impératif du développement durable : autant de sujets qui portent des défis lourds pour nos sociétés, pour les citoyens. Ces interrogations, ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. Elles ont une histoire qu’il faut convoquer afin de mieux comprendre les enjeux d’aujourd’hui.

Les préjugés sont nombreux : le souci de protéger la nature serait apparu seulement avec l’écologie politique, dans les années 1960 ; la France aurait toujours été en retard dans ce domaine.

Ces affirmations sont à nuancer, sinon à contredire. Pour y contribuer, ce livre s’attache, selon un recul temporel indispensable, aux cent premières années de la Société d’acclimatation - avant qu’elle ne devienne la Société nationale de protection de la nature. Au long d’un siècle, elle a, entre autres succès, créé des réserves naturelles (Sept-Îles en 1912, Camargue en 1927, Néouvielle en 1935 et Lauzanier en 1936), organisé les deux premiers congrès internationaux de protection de la nature (1923 et 1931), empêché la disparition du castor en France (1909), et fondé la Ligue pour la
Protection des Oiseaux (LPO, 1912).
L’émergence d’une ambition, la dynamique d’une efficacité, les mutations d’un propos, la diversité des acteurs : tout un monde resurgit ici, dont les leçons n’ont rien perdu de leur force.
Abondamment illustré de documents d’époque, l’ouvrage est accessible à un large public intéressé par l’histoire, la science et la nature.
Cet ouvrage est publié avec le soutien du comité d’histoire du ministère de l’Écologie. Il comporte une préface de Jean-Noël JEANNENEY (Sciences-Po Paris) et une postface d’Éric BARATAY (Lyon 3).

DES SAVANTS POUR PROTEGER LA NATURE. LA SOCIETE D’ACCLIMATATION (1854-1960)

PLAN DE L’OUVRAGE

Préface de Jean-Noël JEANNENEY

Âge d’or de l’acclimatation et prémices de la protection (1850-1880)

· La fondation d’une association pérenne
Avec une étonnante rapidité, la Société d’acclimatation s’établit sur des bases solides et obtient la reconnaissance et le soutien des plus hautes autorités politiques et scientifiques.


· Enrichir la France par l’acclimatation

Suivant une idéologie utilitariste hégémonique, les savants veulent enrichir l’agriculture et l’industrie de France en s’efforçant d’introduire un improbable catalogue d’espèces exotiques notamment animales. Le Jardin d’acclimatation de Boulogne, qu’ils fondent en 1860, est leur terrain d’expérimentation en même temps qu’un lieu mondain.

· Une première protection
Un désir de protéger va surgir de cet utilitarisme anthropocentré car les naturalistes veulent conserver les animaux et les plantes « utiles ». Tout en s’inquiétant de l’amenuisement des ressources naturelles, ils s’interrogent : Qui est « utile » et donc légitime à protéger ? Qui est « nuisible » et donc à détruire par tous les moyens ? Mais, alors que leur regard se transforme peu à peu, ces savants se contentent de demander à l’État de nouvelles lois.

· Succès, réseaux et influence
Société savante, mondaine et parisienne, la Société d’acclimatation, au fait de sa puissance et de sa gloire, rayonne en tissant des réseaux en province et à l’étranger.

Et la crise survint, cathartique et rénovatrice (1880-1910)

· La tourmente (1880-1900)
En peu d’années, la Société d’acclimatation s’enfonce dans une grave crise. Recrutement et finances en berne témoignent d’une gouvernance défaillante et d’une profonde remise en cause idéologique : l’acclimatation est-elle finalement utile ?

· Le tournant et le rétablissement (1900-1910)
L’arrivée d’une équipe conduite par Edmond Perrier permet à l’association de se rétablir matériellement. Des liens sont à
nouveau étroitement tissés avec le Muséum et la Société retrouve les faveurs d’un pouvoir devenu républicain.


· Un virage idéologique progressif

Au désir d’enrichir la métropole par l’acclimatation, tombé progressivement en désuétude, se substitue une volonté de
soutenir le programme colonial français par le déplacement d’espèces « utiles ». Simultanément, de plus en plus de naturalistes, inquiets des destructions constatées et choqués par les extinctions d’espèces, se tournent vers la protection.

· Échecs et réussites de la protection de la nature au tournant des siècles
Les combats se multiplient alors, notamment contre les destructions effrénées provoquées par la mode des chapeaux à plumes. La Société d’acclimatation parvient également à sauver le castor – animal « nuisible » - d’une disparition en France.
Mais les savants constatent que les façons traditionnelles d’agir, par appel aux pouvoirs publics, atteignent leurs limites.

L’affirmation de la protection (1920-1950)

· Le retour de la Société d’acclimatation
Après la Première guerre mondiale la Société d’acclimatation retrouve beaucoup de sa superbe, notamment en organisant des déjeuners exotiques surprenants et très mondains. Elle a l’oreille des pouvoirs publics.

· La singularité LPO
Avec la création de la LPO et de la réserve des Sept-Îles en 1912, de nouvelles façons d’agir pour protéger la nature se révèlent. Plus militantes, plus directes, plus sensibles, elles font une large place aux amateurs et aux femmes.


· La protection de la nature : le temps de l’action

La Société d’acclimatation s’investit elle-même de façon croissante dans la protection de la nature, aussi bien en métropole qu’au niveau international ou dans les colonies. Elle crée ainsi une très active section dédiée à la protection et organise les deux premiers Congrès internationaux de protection de la nature à Paris. Mais surtout elle agit directement et concrètement en établissant d’importantes réserves naturelles.


· La débâcle et un nouveau départ (1939-1950)

Fragilisée par la Seconde guerre mondiale, confrontée à la « modernité » galopante des « Trente Glorieuses », la Société d’acclimatation poursuit sa mue et devient la Société nationale de protection de la nature. Elle porte ainsi depuis 150 ans, en France et dans le monde, une vision écosystémique et davantage biocentrée des rapports entre Homme et Nature.

Postface d’Éric BARATAY


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